Embrassement

Une sensation physique est à l’origine de ce projet.

Serré un être cher ou être serré dans ses bras, c’est prendre conscience physiquement de sa propre existence, comme quand, surpris par la pluie, notre visage et notre corps font obstacles aux gouttes d’eau pour mieux se révéler…

C’est aussi se sentir comblé, c’est « le retour à la volupté enfantine de l’endormissement» cher à Roland Barthes. «Dans cet inceste reconduit, tout est alors suspendu : le temps, la loi, l’interdit : rien ne s’épuise, rien ne se veut : tous les désirs sont abolis, parce qu’ils paraissent définitivement comblés.»(1)

De cette intensité ressentie, j’ai eu la nécessité d‘en enregistrer des images, de garder ces traces d’existence et de plénitude. J’ai donc suivi mon désir photographique à « embrasser l’étreinte », sans trop savoir où il me mènerait…

Au-delà de la déclinaison des multiples figures de « corps embrassés », filiale, fraternelle, amoureuse, animale, combattante, l’entreprise vise à mettre en lumière l’étreinte comme autant d’étincelles de vie. Du bercement du fœtus dans le liquide amniotique aux enlacements des amoureux, ces contacts resserrés constituent de brefs rendez-vous existentiels. L’étreinte nous rappelle que nous sommes vivants.

Vous avez aimé? Faites le savoir...